Sénégal : Quand l’impunité est facteur d’instabilité

par | Oct 19, 2021 | Afrique de l’Ouest, Senegal

QUAND L’IMPUNITÉ, LA MÈRE DES INJUSTICES SOCIALES, EST FACTEUR D’INSTABILITÉ

Toute émergence économique ne saurait se bâtir sur un volcan qui créera inéluctablement une bombe sociale. Une nation se construit à partir de la volonté de ses filles et fils d’unir leurs cœurs et leurs esprits pour les orienter vers un idéal de développement à travers des stratégies et des mécanismes émanant des études sur fond de visions prospectives de ses propres ressources humaines. Le Sénégal a vu le jour bien avant les partis politiques, bien avant les confréries, bien avant nos religions, bien avant nos découpages administratifs. D’autres partis politiques aussi puissants naguère, ne sont plus de ce monde au même moment d’autres sont en train d’agoniser ou se trouvent dans un état de mort clinique.

Le MRS de maître Boubacar Guèye, le PLP de maître Mbaye Niang, le PAI de Mammouth Diop, le RND de Cheikh Anta Diop, le parti socialiste de Senghor, le PDS de maître Wade, le PDS/R du professeur Serigne Diop, le PLS de Maître Ousmane Ngom, le PIT de Dansokho, la LD-MPT du professeur Bathily, AND-JËF de Landing Savané, l’URD de Djibo Layti Kâ, l’AFP de Niasse, entre autres. De 1960 à nos jours, nos forces de défense et de sécurité (FDS) se sont toujours rangées du côté de la légalité. Du régime de parti unique à la limitation des partis avec le président Senghor, son successeur Abdou Diouf procédera enfin à leur élargissement en ouvrant la boîte de Pandore pour finalement gagner la bataille démocratique, un luxe en Afrique. 

Mais n’oublions pas ces faits inédits qui se seront passés en 1987 avec des milliers de policiers radiés, une institution comme la police dissoute. Ensuite, en septembre 2002, avec le naufrage du bateau le  » JOOLA » avec ces milliers de morts et disparus. Deux événements majeurs auxquels l’humanité entière spécule jusqu’ici et inscrits dans le livre Guinness. Le Sénégal est par excellence, le pays des exceptions. En tout cas, la radiation des policiers et le naufrage du JOOLA auront ravi la vedette, tristement d’ailleurs, aux autres événements que le  reste du monde aura connus. Que nos forces de défense et de sécurité (FDS) fassent tout pour que la sérénité s’installe de manière définitive dans ce pays. Sinon, elles auront failli éhontément à leur noble mission. Vous avez l’obligation de faire de sorte que la confiance règne entre le peuple pour lequel vous existez et vous-mêmes qui le défendez, le protégez en même temps que leurs biens. Le peuple garde entre ses mains votre droit d’existence. Alors rendez-lui ce dont il a ardemment besoin : la confiance sans laquelle elle recouvrera difficilement sa sérénité. Les priorités sont ailleurs au Sénégal. Elles ne sont pas sur le théâtre des violences physiques et verbales entre militants de partis politiques. Sur une population de 18 millions d’habitants, les jeunes de moins de 25 ans représentent quasiment plus de 60%. 

 

ET SI L’IRRÉPARABLE S’ÉTAIT PRODUIT AVEC L’ASSASSINAT DU CHEF DE L’OPPOSITION ?

La paix! La paix! La paix! Que les marrons du feu se transforment en marrons de la paix. Le Sénégal bascule dangereusement vers des lendemains les plus sombres de son histoire. Les « tontons macoutes » haïtiens nous auraient-ils infiltrés pour installer la terreur sur nos terres naguère si paisibles. Les sénégalais sont déjà sevrés de la peur. Malheureusement ces bandits du champ politique ne sont pas encore sevrés de la ruse des politiciens. Car ceux qui ont commis ces forfaits en s’attaquant violemment au cortège du chef de l’opposition sénégalaise et qui par décence devrait bénéficier d’une protection d’éléments de nos forces de défense et de sécurité (FDS), seront seuls responsables de leurs actes sans que les commanditaires du même camp ne soient inquiétés. Au Sénégal il ne saurait y avoir de « no man’s land » attribué à un clan, une famille, une secte, un parti politique ou un leader de parti politique. Le Sénégalais doit être partout à l’aise sur son territoire. Les autorités ont laissé les attentats de Tambacounda passés avec le Pur, Matam s’en est suivi et Ziguinchor vient encore enfoncer le clou dans ce cercle de feu encouragé par la vieille tradition de l’impunité. Il est temps que notre justice situe rapidement les responsabilités et qu’elle en tire sans état d’âme les conséquences et que de lourdes sanctions puissent tomber afin que justice puisse être rendue. Une condition sine qua non pour dissuader les autres illuminés.

 

La priorité des priorités serait de quadrupler ces chiffres : 500 lycées, 4000 collèges et 10.000 écoles élémentaires qui existent au Sénégal. Il faut les ramener respectivement à : 2000 lycées, 16000 collèges et 40.000 écoles élémentaires avec ZÉRO abris provisoire d’ici l’an 2035. Il va falloir aussi doter chaque région d’infrastructures hospitalières de qualité supérieure avec un nombre important de ressources humaines bien formés. Tels sont les grands défis que le Sénégal a l’impératif devoir de relever pour espérer entrer dans le club des pays émergents. Avoir des ressources naturelles en abondance sur son territoire est une chose. En faire bénéficier à ses populations en est une autre chose. Il suffit de s’entourer de volonté et le tour est joué proprement. 

 

Ndiapaly GUEYE , journaliste indépendant lanceur d’alerte

 

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