Ethiopie : Le gouvernement intransigeant malgré l’avancée des rebelles du TPLF

par | Nov 5, 2021 | Afrique australe et océan Indien

Le 28 novembre 2020, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed proclamait la victoire trois semaines après l’envoie de l’armée fédérale au Tigré pour destituer les autorités régionale dissidentes issues du  Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Un an après,  les données semblent avoir changé.  Les rebelles du TPLF  sont à quelques centaines de kilomètres d’Addis-Abeba, la capitale. Alliés désormais aux combattants de l’Armée de libération Oromo (OLA), groupe ethnique implanté à Oromia, la plus grande région d’Ethiopie qui entoure Addis-Abeba, les rebelles du TPLF ont non seulement repris le contrôle du Tigré, mais ils ont fait subir de cuisantes défaites à l’armée fédérale. Le mercredi 03 novembre, ils ont annoncé être entrés dans Kemissie, localité située à 325 km au nord de la capitale. Cela, après avoir revendiqué le week-end précédent, la prise de deux villes stratégiques dans la région de l’Amhara.

Un porte-parole de l’OLA a affirmé qu’Addis-Abeba pourrait tomber en quelques semaines.  Selon Gérard Prunier, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le TPLF peut prendre à tout moment la capitale. « En fait, ils peuvent la prendre en 48h s’ils veulent « , pense-t-il.

Malgré cette avancée, les autorités éthiopiennes ont déclaré que « l’Ethiopie ne reculera pas » dans la « guerre existentielle » qui l’oppose aux rebelles dans le nord du pays. « Ce pays ne cède pas face à la propagande étrangère ! Nous menons une guerre existentielle ! » a déclaré le service de communication du gouvernement, quelques jours après que les rebelles ont affirmé avoir progressé vers la capitale Addis-Abeba. 

Mardi 02 novembre, l’état d’urgence a été décrété pour la troisième fois en cinq ans sur l’ensemble du territoire. La Constitution a-t-elle aussi été suspendue. Pour le gouvernement, ces mesures visent à parer à une menace pour la survie du pays, dénonçant un « complot » dont l’objectif est de faire partager à l’Ethiopie, le  destin de la Syrie et la Libye.  

Quelques heures avant, le Premier ministre Abiy Ahmed avait promis se battre jusqu’à la victoire. « Nous les repousserons avec toute notre force (…) Les défis sont nombreux (…) mais je peux vous dire avec certitude (…) que nous remporterons une victoire totale.  Mourir pour l’Éthiopie est un devoir pour chacun d’entre nous « , avait-il affirmé dans une déclaration télévisée lundi soir devant les responsables du gouvernement. Exhortant les citoyens éthiopiens à prendre les armes contre le TPLF.

Les appels  à un  cessez-le-feu se sont multipliés au sein de la communauté internationale. Jeffrey Feltman, l’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, est arrivé à Addis-Abeba pour y plaider en faveur d’une suspension des opérations militaires et l’ouverture de discussions sur un cessez-le-feu. Il s’est notamment entretenu avec le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat.

L’Union européenne et l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), qui réunit les pays d’Afrique de l’Est, ont aussi appelé à la fin des hostilités entre les forces gouvernementales et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF).

« Les combats doivent cesser », a insisté le président kényan Uhuru Kenyatta, dans un communiqué, tandis que son voisin ougandais, Yoweri Museveni, invitait les dirigeants d’Afrique de l’Est à se réunir le 16 novembre pour discuter du conflit.

K. KOUAME

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