États-Unis / Chine : qui a l’armée la plus puissante ?

par | Sep 16, 2021 | Amérique, Asie, Chine, Géopolitique

Si la Chine a l’avantage du nombre, les États-Unis disposent de divers avantages technologiques et financiers. L’armée chinoise a l’intention de devenir une force de combat moderne dans les six prochaines années, mais il lui faudra surmonter des problèmes de formation et d’équipement.

Un articles de Ziyu Zhang paru dans le South China Morning Post, 12 juillet 2021. Traduction de Conflits.

Alors que les tensions avec les États-Unis s’intensifient, la Chine poursuit ses efforts visant à faire de l’Armée Populaire de Libération (APL) une force de combat moderne à l’horizon 2027, date du centenaire de sa création.

Un haut commandant américain a qualifié la Chine de « menace prioritaire pour la prochaine décennie ». Dans le même temps, Washington renforce son soutien à Taïwan, l’île étant soumise à une pression politique et militaire croissante de la part de Pékin. Des analystes préviennent que la mer de Chine du Sud pourrait bien être le point central d’un éventuel conflit armé entre les deux puissances. Qui de l’US Army ou de l’Armée Populaire de Libération est la plus forte, en termes d’effectifs totaux, de dépenses militaires et de capacités terrestres, maritimes et aériennes ?

Dépenses militaires : États-Unis

Avec un budget estimé à 778 milliards de dollars l’année dernière, soit 39% du total des dépenses militaires mondiales selon les données publiées par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les États-Unis sont de loin les plus gros dépensiers au monde en la matière.

La Chine, deuxième de ce classement, arrive loin derrière en termes absolus, avec des dépenses estimées à 252 milliards de dollars.

Certains analystes américains ont toutefois alerté sur le fait que Washington devait tenir le rythme de Pékin. En effet, la Chine a annoncé une augmentation de 6,8% des fonds alloués à la défense cette année, alors que les dépenses avaient été constantes pendant plus de deux décennies.

Effectifs : Chine

Avec 2 millions de personnels actifs en 2019 selon le dernier livre blanc de la défense, la Chine possède de loin la première armée du monde.

Le projet de budget du Pentagone pour la prochaine année discale chiffre les militaires américains d’active à 1,35 million, et les réservistes à 800 000.

Cependant, dans la guerre moderne, le poids du nombre compte moins que la technologie et l’équipement, et les deux pays mettent de moins en moins l’accent sur leurs effectifs.

En 2015, le président Xi Jinping s’est engagé à réduire de 300 000 hommes les effectifs de l’APL. De même, le projet de budget de Joe Biden pour la prochaine année fiscale prévoit des réductions d’effectif de l’ordre de 5 400 hommes.

Armée de Terre : États-Unis

L’armée de terre chinoise est la plus grande force terrestre permanente au monde, avec 915 000 soldats en service actif, soit près du double des 486 000 militaires américains, à lire le rapport de 2020 du Pentagone sur la puissance militaire de la Chine.

Cependant, les forces terrestres de l’APL disposent d’un équipement obsolète et ne seraient en mesure d’utiliser efficacement des armes modernes qu’en adoptant un meilleur équipement ou en suivant une meilleure formation.

Si la Chine a adopté des armes automatisées plus légères et plus puissantes pour ses forces terrestres, transférant de la sorte une grande partie de la charge opérationnelle du travail physique des troupiers à la technologie numérique, les experts militaires affirment néanmoins que la formation n’a pas suivi.

Washington dispose, avec ses 6 333 chars, du plus grand parc de blindés au monde après la Russie. La Chine complète le podium avec 5 800 chars, selon Forbes.

Puissance aérienne : États-Unis

Les États-Unis d’Amérique maintiennent leur avance avec plus de 13 000 avions militaires, dont 5 163 exploités par l’US Air Force. Parmi leurs forces, on trouve le F-35 Lightning et le F-22 Raptor, qui comptent parmi les jets les plus avancés au monde, à en croire le rapport 2021 sur les forces aériennes mondiales publié par Flight Global.

Dans le même temps, la force aérienne de la Chine, composée de l’armée de l’air et de l’armée navale de l’APL, est la troisième au monde avec plus de 2500 aéronefs, dont environ 2000 servent au combat, selon le rapport 2020 sur la puissance aérienne de la Chine.

L’avion de combat furtif le plus avancé dont dispose la Chine est le J-20, qui a fait l’objet d’un développement indépendant sous le nom de Mighty Dragon. Conçus pour concurrencer les F-22 américains, ces appareils utilisent des moteurs provisoires qui limitent leur vitesse et leurs capacités de combat. Mais des travaux sur un turboréacteur à forte poussée, en mesure d’accélérer la production de masse des avions, sont en cours.

Les deux pays travaillent également sur de nouveaux bombardiers. La Chine développe son bombardier stratégie H-20 et l’armée de l’air américaine a dévoilé de nouvelles images et des informations concernant son bombardier furtif B-21 Raider de nouvelle génération.

Puissance navale : États-Unis

Selon un rapport du Congrès américain, la Chine possède désormais la plus grande marine du monde, avec environ 360 navires, contre 297 pour la flotte américaine.

Mais cet avantage numérique chinois ne vaut que pour les petits navires, tels que les patrouilleurs côtiers. Concernant les navires de guerre de plus grandes dimensions, les États-Unis l’emportent en nombre comme en technologie et en expérience.

Par exemple, les États-Unis disposent de 11 porte-avions à propulsion nucléaire, à même de parcourir de plus grandes distances que des appareils à propulsion conventionnelle. Chacun de ces porte-avions peut accueillir au moins une soixantaine d’avions.

En comparaison, la Chine ne possède que deux porte-avions, le Liaoning et le Shandong. Tous deux ont pour modèle le porte-avion de classe Kuznetsov, conçus dans les années 1980 en URSS. Ils sont propulsés par des chaudières à mazout classiques et transportent 24 à 36 avions de chasse J-15.

Cependant, la Chine a un plan ambitieux pour égaler la puissance américaine dans la région du Pacifique, par le lancement de deux douzaines de grands navires de guerre, des corvettes et destroyers aux immenses quais de débarquement amphibies, et le tout rien qu’en 2019. Elle prévoit le lancement d’un troisième porte-avions équipé des catapultes de lancement électromagnétiques les plus avancées connues, et de débuter cette année les travaux sur un quatrième appareil de ce genre.

Ogives nucléaires : États-Unis

Les États-Unis possèdent le deuxième arsenal nucléaire au monde après la Russie. Derrière la France, la Chine occupe la quatrième position mondiale en la matière, selon le site web américain World Population Review

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Combien d’ogives possède la Chine ? Le pays ne l’a pas révélé, mais le dernier rapport du ministère américain du Pentagone sur l’armée chinoise indique que la Chine dispose d’un stock d’ogives « actuellement estimé à environ 200 », là où l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm l’estime à 350 cette année.

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En janvier, une source proche de l’armée chinoise a déclaré au South China Morning Post que son stock d’ogives nucléaires était passé à 1000 au cours des dernières années, mais que moins de 100 sont actives.

Toutes ces estimations font pâle figure face à l’inventaire total des États-Unis, qui ne compte pas moins de 5800 ogives nucléaires, dont 3000 sont prêtes à être déployées et environ 1400 déjà placés sur des appareils d’alerte.

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La Chine pourrait profiter du prolongement jusqu’en 2026 du nouveau traité de réduction des armes stratégiques (New Strategic Arms Reduction Treaty) entre les États-Unis et la Russie pour combler le fossé nucléaire. Ce traité limite aussi bien Washington que Moscou à un plafond de 1550 ogives stratégiques déployées.

Missiles : Chine

Si les États-Unis possèdent beaucoup plus d’ogives nucléaires, la Chine jouit d’un quasi-monopole dans un domaine : les missiles balistiques basés au sol, qui peuvent effectuer des frappes tant nucléaires que conventionnelles.

Jusqu’en août 2019, les États-Unis n’étaient pas en droit de déployer des missiles balistiques et de croisière à portée intermédiaire basés au sol en vertu du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire conclu avec l’URSS en 1987.

Deux semaines après leur retrait dudit pacte, les États-Unis ont procédé au lancement d’une variante terrestre d’un missile de croisière lancé en mer, suivie quatre mois plus tard de leurs premiers missiles balistiques à portée intermédiaire (IRBM) depuis les années 1980. Mais, pour l’heure, la Chine a toujours l’avantage concernant ce type de missiles.

Le seul IRBM chinois est le Dong Feng 26 , dont la capacité d’effectuer des frappes conventionnelles sur la principale base de l’US Air Force sur l’île de Guam, attestée par le Centre for Strategic and International Studies, lui a valu le surnom de « tueur de Guam ».

Selon l’Institut international d’études stratégiques, le nombre de lanceurs d’IRBM dans l’arsenal chinois est passé de zéro en 2015 à 72 en 2020.

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